Du Crystal Palace de Londres à l’Apple Store de Macao, la sublime évolution du verre dans les objets d’architecture

Des artisans de Murano* aux constructions modernes tout en verre, la technologie du verre n’a jamais cessé d’évoluer, poussée par la confiance quasi ésotérique d’une grande partie de l’humanité, pour son potentiel d’applications. Grâce aux compétences d’ingénierie combinées aux techniques de mise en œuvre telles que le propose le fabricant Glastroesch, le verre est aujourd’hui l’un des matériaux les plus luxueux de l’architecture. Sa forme la plus récente, le verre feuilleté, lui ouvre un territoire créatif toujours plus large, qui annihile les frontières précédemment imposées par le cadre métallique.

Le verre feuilleté, miracle de la transparence et de l’espace
L’architecture moderniste est probablement à l’origine de la volonté d’un espace que l’on peut embrasser du regard, sans obstacle. Quel matériau peut mieux offrir cet horizon transparent, que le verre ? Les innovations des dix dernières années, l’utilisation de formats XXL et de modèles informatiques pour les calculs statiques, l’ont amené à son point de perfection avec le verre feuilleté (VSG). Il s’agit de structures composites, constituées de couches de plaques de verre laminées entre elles par des films (PVB), qui leur confèrent une résistance et une rigidité exceptionnelles. À titre d’exemple, le verre feuilleté de Glastroesch (SWISSLAMEX ULTRA STRONG) est un vitrage offrant la possibilité de surfaces lisses sans discontinuité. Dans cette technique d’assemblage, deux verres sont réunis par des pièces métalliques qui sont laminées entre ou contre les verres. La liaison est assurée par un film spécial, avec un résultat d’assemblage final extrêmement solide.

Escalier en verre, réalisation Metallover

La maîtrise de la statique et de la matière, pour libérer la créativité des architectes
Par leurs connaissances techniques particulières en matière de dimensionnement statique, de construction ainsi que de production et de montage complexes des constructions tout verre, Metallover et ses partenaires offrent à l’architecte des solutions complètes.
Il nous est possible de créer tout type de construction en verre sans cadre métallique, et les fixations qui interfèrent avec la conception peuvent être réduites au minimum en utilisant des assemblages laminés multicouches d’une résistance exceptionnelle. En étroite collaboration avec les architectes et le fabricant Glastroesch, nos ateliers assemblent ces objets uniques entièrement en verre, destinés au bâtiment, ou mobilier. La construction de cages d’ascenseur en verre, d’escaliers et de boîtes d’exposition transparentes fait partie de nos nombreuses années d’expérience.

L’Apple Store de Macao, vue de l’extérieur et de l’intérieur

Un peu d’histoire et tant de légendes
Le verre est l’un des plus anciens matériaux façonnés par l’homme ; tout d’abord sous la forme de perles, il y a de cela 5000 ans, puis de récipients opaques, mais déjà teintés au cobalt, en 1500 av. J.-C.
La découverte de la canne de verrier par des artisans syriens, 200 ans av. J.-C., donna le départ à la production semi-industrielle d’une grande variété de récipients creux aux parois fines et translucides.
Au premier siècle de notre ère, le développement des techniques d’étirage rendit possible la fabrication de plaques de verre allant jusqu’à 90 x 200 cm.
Les Romains rapportèrent ce savoir-faire de Syrie et fondèrent les premiers ateliers de verrerie, qui permirent d’équiper les fenêtres des villas bourgeoises contemporaines de César.
Lors de son édification en 540, la légendaire Hagía Sophía de Constantinople en fut dotée, un demi-siècle avant l’avènement des vitraux que l’on peut admirer dans nos cathédrales gothiques européennes.
Un très haut degré de qualité fut ensuite atteint en Italie, au 15e siècle, avec un verre vénitien stupéfiant de pureté et de transparence, obtenu grâce à une recette longtemps restée secrète.
La première serre en verre fut bâtie au 16e siècle, aux Pays-Bas, initiant le verre comme élément rigide au service de la structure. Dès lors, l’usage du verre dans la construction connut une solide expansion.
Le verre coulé, mis au point au 17e siècle en France, facilita la productivité de plaques de verre plus lisses, avec des surfaces allant jusqu’à 120 x 200 cm.

Le « Crystal Palace » de Londres en 1851

De l’objet à la vitre ; de la vitre à la statique du bâtiment
C’est au 19e siècle, en Angleterre, avec le développement des serres, que le verre prit largement sa fonction statique, comme élément de construction et de renforcement.
L’incroyable « Crystal Palace » pour l’exposition universelle de 1851, à Londres, en fut le plus spectaculaire chef-d’œuvre, avec des dimensions inédites et 300 000 panneaux de verre individuels (le bâtiment mesurait 600 m de longueur, 133 m de largeur, 36 m de hauteur).

Le 20e et le début du 21e siècle (depuis peu) ont eux aussi apporté leur lot d’innovations, avec des surfaces toujours plus grandes — allant jusqu’à 20 m — et des technologies d’avant-garde, telles que le verre feuilleté, inventé en 1903 par le français Édouard Bénédictus. Le verre feuilleté est probablement l’une des évolutions les plus marquantes de la technique du verre. C’est un produit multicouche qui provient de l’assemblage de feuilles de verre avec des intercalaires de films plastiques, généralement en Polybutyral vinylique (PVB) SentryGlas ou éthylène-acétate de vinyle (EVA). L’insertion des éléments d’assemblage métalliques laminés dans l’épaisseur du verre, permet de remplacer les fixations de type « araignée », avec pour bénéfice une continuité particulièrement esthétique, débarrassée de tout obstacle visuel.

Cache d’ascenseur, Genève

*Artisans de Murano
Venise, dont le commerce est la seule ressource, se voit en situation de monopole, quand, au 13e siècle, elle devient la fournisseuse de verre de l’Europe, par son héritage du savoir-faire acquis à Constantinople. Un premier décret du Grand Conseil de 1285 punit de confiscation l’exportation des matières premières de la verrerie, des recettes de fabrication et même du verre cassé. En 1291, sous prétexte des dangers d’incendie, le Conseil regroupe tous les verriers sur l’île de Murano, où il sera plus facile de les surveiller.

Réalisation Metallover

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