Dialogue entre un ébéniste du métal et un architecte esthète : la Dîme de Duillier

« Aucun rapport avec Jean Seberg. » Face à une édition originale tirée de sa bibliothèque, et répondant par la citation à l’évocation de la note testamentaire de Romain Gary, le propriétaire des lieux introduisait une rencontre marquée par la culture et la précision.
Paul Valéry soutint que les idées précises conduisent souvent à ne rien faire. Avec la restauration de la Dîme de Duillier, le maître d’ouvrage et son aréopage d’artisans ont prouvé le contraire, c’est le moins que l’on puisse dire. Et c’est bien la complicité passionnée entre deux hommes, Pierre Bouvier, architecte et propriétaire, et Frédéric Hofmann, associé de METALLOVER, qui allait offrir au bâtiment tricentenaire, son nouvel espace-temps intérieur.

Qu’est-ce que la grange des Dîmes ?
Réceptacles de l’impôt agricole en nature, deux dîmes ont existé à Duillier depuis le moyen-âge, pour stocker les récoltes dues au seigneur du château. Un seul bâtiment a surmonté l’épreuve du temps.
Avec 175 m2 au sol, ce dernier possède un vaste sous-sol voûté et s’élève sur quatre étages où était entreposée la collecte dîmière.
L’enveloppe a traversé les époques sans trop de dommages, bien que la toiture ait été modifiée au 18e siècle, puis partiellement supprimée sur les pignons, avec le rajout de l’annexe nord.

Tant qu’il y aura des artisans passionnés pour comprendre les architectes
Pierre Bouvier acquiert la dîme en 2012 pour lui rendre sa dignité originelle et métamorphoser son intérieur pour l’habitat. 8 ans après, ce qui frappe au terme des travaux, c’est l’absence de toute ostentation. Chaque détail exhalant le passé est conservé, alors que les mobiliers fonctionnels sont réalisés sur mesure par les ateliers METALLOVER et savamment installés dans les espaces. Les blocs sanitaires, en particulier, inaugurent d’étage en étage un nouveau centre de gravité, que l’architecte équilibre avec de nouveaux éléments structurels, cloisons, bibliothèques et habillages muraux. Frédéric Hofmann et son équipe en ont fabriqué et assemblé chaque composante. On touche au chef-d’œuvre avec l’escalier métallique en colimaçon, ajustable aux étirements d’une maison qui a vu s’égrainer plus de 300 années.

Pierre Bouvier dessine, Metallover réalise
Tout, dans ce travail de restauration, exprime la passion de l’idée et de la façon : il ne s’est jamais agi d’équiper, mais d’habiller, à la manière d’un tailleur de Saville Row. Portes coulissantes métalliques et en verre, balustrades, garde-corps, poignées de porte, cave à vin, mobilier, luminaires, rangements et bibliothèques, mezzanine, structures porteuses, supports et mécanismes, sont pensés, dessinés et réalisés dans un métal brut ou laiton, élégant et sensuel. Le mariage du bois ancestral, de la pierre de taille et d’une ébénisterie métallique contemporaine raffinée transfigure les 4 étages de cette maison unique. La cuisine, qui prend place dans l’annexe nord rurale en prolongement du bâtiment, est conçue dans le même esprit d’épure, calculée sur de mystérieux points de fuite extérieurs. Du sous-sol aux combles, ce n’est que ravissement devant le choix de la simplicité et du dépouillement, mais surtout du renoncement à impressionner.

Une vision architecturale inspirée, mise en forme par l’artisan
Dans ce projet hors du commun, le dialogue intimiste entre Frédéric Hofmann et Pierre Bouvier, a été l’une des clés du succès.
Chaque objet, chaque fonctionnalité a été abordé comme un nouveau champ créatif. Dans la bâtisse, ce sont les splendides profils MHB, les plus fins au monde, qui ornent désormais les embrasures ; les baies coulissantes minimalistes de la cuisine sont signées WEEEZE. Depuis 2017, c’est bien l’osmose entre deux hommes, l’un engageant son bien et sa créativité, l’autre sa compréhension du projet d’architecture, qui a permis d’engendrer tout un univers de créations originales empreintes de poésie, et d’habillages métalliques sensuels. Derrière eux, une équipe METALLOVER héritière des règles de l’art et maîtresse de la matière, a permis de donner vie et forme à chaque idée. Parmi elles, ce portail d’entrée pourtant esquissé sur un coin de table, qui anime des blocs sculpture d’une infinie douceur, évoquant Donald Judd ou Tony Smith.
Comment oublier le savant habillage d’inox sur les menuiseries en bois de la cuisine  ; mais aussi cet escalier qui traverse la maison sur 3 étages, et dont l’installation a nécessité la précision chirurgicale de la découpe laser.

Metallover, la qualité chevillée au corps
Les artisans genevois ont du talent : non seulement ils font preuve d’une étonnante réactivité organisationnelle pour conserver leur compétitivité face aux géants de l’aménagement, mais ils savent aussi maintenir leur savoir-faire d’orfèvre pour entretenir le patrimoine bâti de la Cité. METALLOVER, Daniel et Frédéric Hofmann, incarnent bien cet état d’esprit, qui affronte l’industrialisation et la guerre des prix sans renier le sur-mesure et le temps qu’il faut pour faire bien les choses. Atelier spécialisé dans les ouvrages métalliques, le verre structurel et la restauration du patrimoine, METALLOVER ajoute à la maîtrise technique une compréhension exemplaire des enjeux architecturaux contemporains. Partenaire exclusif MHB, l’entreprise propose les profilés minimalistes en acier les plus fins et rigides au monde. Du remplacement des 1052 fenêtres du Palais des Nations à la restauration d’un grand nombre d’objets patrimoniaux, mais aussi de collaborations pointues sur des projets d’avant-garde, METALLOVER a bâti sa réputation : celle d’un atelier où chaque réalisation, de la plus simple à la plus élaborée, a pour dénominateur commun, le plaisir, la rencontre, la tradition, l’avenir, le partage de la connaissance.

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